QUARTIERS LIBRES : Le meurtre de Tara Farès, signe inquiétant pour l’Irak

Jeudi dernier, Tara Farès, jeune blogueuse Irakienne est abattu au volant de sa Porche de 3 balles dans la tête. Un assassinat qui choque le monde mais surtout lourd de sens.

•  Une femme à contre courant

Elle n’avait que 22 ans et était déjà suivie par 2,7 millions de followers sur Instagram dans un pays, qui compte 37 millions d’habitants. Elle s’affichait portable à la main et souvent dans des positions suggestives, sur les réseaux sociaux. Dans un pays ultraconservateur, son attitude était loin de faire l’unanimité. Cette influenceuse, ancienne Miss Bagdad recevait régulièrement des menaces de mort.

•  Plusieurs autres assassinats mystérieux

Mais Tara Farès n’est malheureusement pas la seule victime. C’est une série noire meurtrière qui frappe la région, visant les femmes influentes qui refusent de faire profil bas. Deux jours avant l’assassinat de l’influenceuse, c’est la militante des droits humains et femmes d’affaire Souad al-Ali qui avait également été abattue dans sa voiture de plusieurs balles dans la ville de Bassora dans le sud de l’Irak.

Deux directrices de centre de beauté ont également été retrouvées mortes à leur domicile en août, Rafif al-Yassiri et Racha al-Hassan. La première était chirurgienne esthétique et était surnommée la « Barbie d’Irak ». Des assassinats qui restent pour l’instant inexpliqué.

Ces assassinats sont pris au sérieux par les autorités irakiennes dont le Premier Ministre a fait paraître un communiqué, expliquant que « des éléments laissant à penser qu’il y a un plan décidé par des parties organisées pour perturber la sécurité, sous prétexte de lutter contre la dépravation. »

Dans un courant mondial, #MeToo, présent depuis déjà un an, l’Irak fait figure d’exception.

•  Un pays qui reste profondément conservateur

Après plus de quatre mois de tractations entre les formations politiques, vainqueurs des élections législatives de mai, l’Irak a élu un nouveau Président (kurde), qui a nommé un premier ministre (chiite), après que le Parlement a élu son président (sunnite). La tâche sera ardue dans un paysage politique fragmenté.

Dans ce pays qui cohabite avec plusieurs mouvances (Kurdes, Chiites, Sunnites), l’Irak fait face à un conservatisme contre lequel les gouvernements successifs ne peuvent pas agir. Les défis qui attendent les nouveaux gouvernants seront grands, dans un pays ,aujourd’hui, pointé du doigt par le monde entier, choqué par ces mystérieux assassinats successifs.

Josselin HAZO

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